La scène est d’une simplicité désarmante ; sous la pluie battante du grand stade de Tanger, au Maroc, ce mardi 23 décembre 2025, notre portier titulaire est debout, concentré. Devant lui, une enfant, petite, calme.

Entre les deux, un geste silencieux : une petite serviette tenue au-dessus de la tête de la fillette pour la protéger des gouttes de pluie glaciales.
Cette serviette immaculée n’est pas un détail. C’est l’outil personnel du gardien, celui qu’il utilise pour s’essuyer, se recentrer, respirer dans les moments de tension. La pluie, pourtant, lui tombe dessus. Il aurait pu penser à lui. Il ne l’a pas fait. Il a choisi l’autre.
Ce jour-là, le Sénégal réussissait avec brio son entrée en matière à la CAN 2025 en dominant le Botswana 3 buts à 0. Une victoire nette, maîtrisée.
Mais l’image, elle, raconte autre chose. Elle rappelle que la grandeur ne se mesure pas seulement aux arrêts décisifs ni au score final.
Un homme grand, une enfant petite. Un Sénégalais, une Marocaine. Un adulte, une fillette. Et pourtant, aucune barrière. Juste de la protection, de la retenue, de la générosité. Le gardien accepte l’inconfort pour offrir un abri. Il s’oublie un instant. Et c’est là que tout devient clair : la vraie force sait parfois se faire douce.
Cette image nous parle à tous, à nous Sénégalais.
Elle nous appelle à ne pas être rongés par la méchanceté, à ne pas laisser la colère guider nos actes, à refuser la haine et la vengeance.
Elle nous rappelle que, même sous la pression, même sous la pluie, même au cœur de la compétition, il est toujours possible de choisir l’humanité.
Et cette victoire-là, silencieuse et discrète, est souvent la plus durable.
BKD